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Sylvain Marconnet : "On sera champion du monde"

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Sylvain Marconnet - Photo : Reuters

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Le 14/07/2007 à 15:00:40 par (c) Reuters 2007/Sophie Greuil

Même s'il ne court toujours pas suite à une fracture du tibia en mars dernier, Sylvain Marconnet se voit jouer le match d'ouverture de la Coupe du monde puis soulever le trophée.

Le 4 mars après une chute de ski, le Parisien, 31 ans, s'était fracturé le tibia gauche, opéré le 5 mars. Mi-juin, le sélectionneur Bernard Laporte a malgré tout retenu ce pilier polyvalent dans sa liste des 30 joueurs pour le grand rendez-vous international. Le joueur du Stade Français aux 71 sélections fait donc partie des quatre piliers sélectionnés pour la Coupe du monde.

Malgré votre blessure, Bernard Laporte vous a quand même sélectionné : avez-vous été surpris ?Sylvain Marconnet : "Non, il l'avait toujours dit ! Sa marque de confiance m'a aidé et m'aide dans mon combat de tous les jours. Quand vous êtes blessé, tout tombe plat. En plus, il a fallu que je réapprenne à marcher. Dans cette marque de confiance, je puise ma force.

Comment allez-vous ?Je suis dans les délais. Après le stage de Font-Romeu de la semaine prochaine, j'effectuerai une batterie de tests. Si tout va bien, j'enchaînerai par des footings puis des mêlées où je n'ai pas vraiment besoin de mon tibia. J'espère recourir d'ici une dizaine de jours. J'ai hâte de retrouver le terrain, de retrouver mes crampons.

Justement, où sont vos crampons ?Dans mon sac ! Même si je ne les utilise plus, ils m'accompagnent toujours partout. A l'intérieur de chacun, j'ai glissé un post-it fluo où j'ai marqué "Attention aux ampoules". Au cas où mon enthousiasme de reprendre m'empêche d'y penser.

Combien de temps avez-vous mis pour remarcher correctement ?Une quinzaine de jours ! Là, je m'attends à peu près à la même chose. Pour l'instant, je marche beaucoup afin de bien réhabituer mon pied à bosser sur de la fatigue pour retrouver plus vite une foulée de course correcte. A certains moments de la journée, je boite encore. Mais globalement, c'est zéro souci. Donc, je dois prendre mon temps même si je suis parfois assez impatient ou si j'ai parfois tendance à en faire plus. Alors, le staff me freine.

Actuellement, vous travaillez seul. Comment le vivez-vous ?Travailler seul est mon combat à moi. Même si cela n'est pas évident, je me dis que l'objectif vaut cette souffrance. Et tous les gars me soutiennent, m'encouragent, m'aident. Je me sens vraiment dans le groupe.

Avez-vous parfois des coups de blues ?Etre bien moralement a une incidence positive sur la cicatrisation. Donc je m'applique à l'être. Les coups de blues sont présents mais brefs. Je les partage et les combats avec mon ami et copain de chambre Pieter de Villiers.

Comment les chassez-vous ?En pensant au 20 octobre, au jour où nous allons lever la coupe, cet instant ne fait aucun doute pour moi. Franchement, ça me ferait ch... de le manquer.

Espérez-vous être apte pour le match d'ouverture contre l'Argentine, le 7 septembre ?Je l'espère... Même s'il faudra certainement me mettre une tonne de glace à la fin du match ! Je suis fixé sur ce 7 septembre : il sera six mois et trois jours après ma blessure. Tous les jours, je fais ce décompte. Et je ronge mon frein. Mais j'ai un appétit tel de rejouer. Même si je suis court physiquement, j'espère que cet appétit compensera mes lacunes physiques.

Et si vous ne jouez pas...Ca sera une décision de Bernard Laporte. Mais ça ne sera pas une décision médicale. Il me reste sept semaines pour être prêt : c'est mon Everest à moi.

Quel Everest ?Le premier sommet sera l'Argentine. Le second, le titre. Entre les camps de base. Aucun doute, on sera en quarts, en demies et en finale. D'abord, j'ai envie d'y arriver pour moi. Mais, avec ou sans moi, on sera champion du monde.

Après le stage de Font-Romeu, du 16 au 19 juillet, où allez-vous breaker ?En allant de Font-Romeu à Biarritz, je vais m'arrêter à Lourdes... On ne sait jamais ?!

Que vous a apporté cette blessure ?Depuis quelque temps, je commençais à me lasser du rugby. En fait, depuis ma dernière blessure en 1995, je n'avais jamais pris le temps de faire le point sur ma carrière. Là, j'ai eu tout le temps. Maintenant, j'ai surtout terriblement envie de jouer.

Et toujours au Stade Français ?Oui, je suis toujours sous contrat. Mais honnêtement, je ne sais plus exactement pour combien d'années. Mais, quand les gars de ma génération seront partis, quand Pieter de Villiers sera parti, quand (Christophe) Dominici s'en ira, je ne sais pas si j'aurai envie de continuer sans eux. En fait, c'est surtout cette question que je me pose.