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Serge Betsen, capitaine face aux Gallois

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Serge Betsen, capitaine face au pays de Galles - Photo : Reuters

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Le 21/08/2007 à 18:10:12 par (c) Reuters 2007 / Jean-Paul Couret

Galles-France ne sera qu'un match de préparation à la Coupe du monde, dimanche, mais il posera un jalon dans l'histoire du XV de France avec la nomination pour la première fois au poste de capitaine de Serge Betsen.

A 33 ans, le troisième ligne de Biarritz, Serge Betsen, deviendra le premier joueur noir et originaire d'Afrique de l'Ouest à porter le brassard de l'équipe de France de rugby. Mardi, peu après l'annonce de la sélection pour Cardiff, l'enfant de Kumba, au Cameroun, qui a passé sa petite enfance à Yaoundé avant d'arriver en France à neuf ans pour s'installer à Clichy avec sa famille, ne se posait pas en symbole. "Je n'ai pas cette impression", dit-il. "J'espère qu'on m'a choisi pour ce que je suis et par pour mes origines même si je suis fier d'où je viens."

Venu au rugby par le hasard d'une rencontre avec un enseignant de la banlieue parisienne, Betsen est aujourd'hui un des joueurs les plus respectés du rugby français. Atypique dans un monde d'avants géants où sa taille d'1m83 le ferait presque paraître frêle, il a eu des débuts internationaux difficiles. Sélectionné pour la première fois comme remplaçant contre l'Italie en mars 1997, il a dû attendre jusqu'à novembre 2001 pour obtenir sa première titularisation. Outre son physique, son manque de discipline jouait contre lui.

L'entraîneur Bernard Laporte en était même arrivé à exiger de lui qu'il tienne six mois dans recevoir un carton jaune pour lui redonner une chance. Betsen s'est "assagi" et les sélections ont suivi. Il compte aujourd'hui 57 sélections. Son intelligence du jeu, sa générosité dans l'effort et sa condition physique toujours parfaite compensent largement son manque de carrure.

"Comme un petit garçon"

Lorsqu'on lui demande ce qui l'a fait ainsi évoluer, Betsen parle de sophrologie, de réflexion sur lui-même de remise en question, d'enthousiasme aussi. "Pour nous joueurs, participer à une Coupe du monde en France c'est l'événement de notre vie. C'est phénoménal, chaque moment est vécu de façon intense", dit-il. "Je vis chaque chose comme un petit garçon qui fait un rêve éveillé." Ainsi en est-il de ce capitanat qu'il accueille avec émotion. "Je l'ai appris ce matin. Ils ont annoncé les 22 joueurs et le capitaine. C'était une surprise. Je ne m'y attendais pas du tout", raconte-t-il de sa voix douce qui fait oublier les cicatrices de son visage. "La réaction des joueurs, beaucoup d'applaudissements et de cris, a été émouvante. C'est beaucoup de plaisir et de fierté que d'être capitaine, que de représenter la France pour ce match."

Le moment d'émotion passé, Betsen retrouve tout son contrôle. "Je ne cours après le capitanat. La réussite du collectif est beaucoup plus importante", dit-il. Et quand on lui demande s'il va essayer de changer quelque chose par rapport à Raphaël Ibanez ou Fabien Pelous, ses deux prédécesseurs au capitanat laissés au repos dimanche, il répond: "Rien de particulier. Mon rôle sera d'apporter ce que je suis, d'amener du liant dans notre jeu et de faire en sorte que chaque joueur donne le meilleur de lui-même."